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3 mythes sur l’accessibilité web

Il existe beaucoup d’idées préconçues concernant l’accessibilité. On souhaitait donc prendre un moment pour vous présenter quelques-uns des mythes les plus répandus.

Mythe 1 : l’accessibilité est une contrainte pour le design

Un site accessible n’a pas à être laid ou ennuyant. Selon nous, l’accessibilité stimule la créativité plus qu’elle ne la brime. Elle nous pousse à sortir des sentiers battus, faire preuve d’originalité et encourage l’innovation. L’accessibilité nous amène à repenser la façon dont on conçoit nos sites pour les rendent plus facile à utiliser. Ce genre de considération, ce n’est pas un compromis de design, bien au contraire. Un bon design ne se limite pas à l’esthétique : il doit avant tout servir l’expérience utilisateur. Un site peut être visuellement réussi, mais s’il complique l’action que l’utilisateur est venu accomplir, il manque sa cible.

De plus, la majorité de l’accessibilité est réalisée dans le code et est invisible à l’œil nu. Une des pratiques qui touche le plus directement le design visuel est le contraste de couleurs, c’est-à-dire que le texte doit avoir un contraste suffisant par rapport à son arrière-plan. Cela ne veut pas dire que le texte doit être noir sur fond blanc. On peut utiliser un large éventail de couleurs, mais on évitera par exemple un texte pâle sur un fond blanc. Autrement dit, les quelques compromis que vous pourriez avoir à faire du côté design seront généralement minimes, mais auront avoir une incidence positive sur l’expérience utilisateur.

Mythe 2 : l’accessibilité bénéficie seulement une minorité d’utilisateurs

L’accessibilité améliore l’expérience de tous les utilisateurs. Plusieurs fonctionnalités aujourd’hui largement adoptées ont d’ailleurs été conçues à l’origine pour répondre à des besoins d’accessibilité. Les sous-titres en sont un bon exemple, beaucoup de gens les utilisent même s’ils ne sont pas malentendants.

Un des aspects fondamentaux de l’accessibilité est de faire en sorte que le site soit utilisable, peu importe les capacités physiques, sensorielles ou cognitives des utilisateurs. Cela nous amène à créer un site plus flexible qui permet d’interagir avec le contenu de plusieurs façons. Par exemple, pour certains utilisateurs, naviguer uniquement avec le clavier est nécessaire tandis que pour d’autres c’est une préférence, mais dans tous les cas, le fait de pouvoir naviguer le site aisément au clavier augmentera leur satisfaction.

De plus, on pourrait penser à tort qu’aucun utilisateur handicapé n’utilise notre site. La réalité est qu’il est impossible de le savoir, car il n’est pas possible de détecter l’utilisation de technologies d’assistance sur le web et 80% des handicaps sont invisibles. D’ailleurs, les gens en situation de handicap utilisent beaucoup le web, car c’est un outil formidable qui leur permet d’accomplir des tâches qui était auparavant difficiles, voire impossibles.

Il faut aussi rappeler qu’un handicap peut être temporaire ou situationnel, un bras immobilisé, un écran difficile à lire en plein soleil et que personne n’est à l’abri d’en vivre un au cours de sa vie. Au Québec, « 21 % de la population âgée de 15 ans et plus présente une incapacité limitant les activités quotidiennes, une proportion qui atteint 29,8 % chez les 65 ans et plus ».

Enfin, l’accessibilité est aussi bénéfique pour votre entreprise. Puisqu’un site accessible repose sur un HTML sémantique clair, cela facilite la compréhension du contenu par les moteurs de recherche et contribue à un meilleur SEO. S’engager en faveur de l’accessibilité, c’est aussi renforcer sa réputation en matière d’inclusion et élargir son bassin de clients potentiels.

Mythe 3 : l’accessibilité c’est la dernière étape d’un projet de site web

Malgré le fait que la majorité du travail d’accessibilité est réalisé à l’étape du développement, il doit débuter dès la conception. Il est difficile pour un développeur de rendre accessible un design qui n’a pas été créé avec l’accessibilité en tête. Il est encore plus difficile de rendre un site accessible une fois qu’il est terminé. L’accessibilité n’est pas un extra qui peut être soupoudré par-dessus le code existant. Il est parfois nécessaire de refaire entièrement des composants plus complexes pour les rendre accessibles. C'est pourquoi l’accessibilité doit être prise en compte à toutes les étapes d’un projet. Plus l’accessibilité est considérée tôt dans le processus, plus il est facile et moins il est couteux de l’intégrer. Selon IBM, « corriger un problème après la mise en ligne peut coûter jusqu’à 30 fois plus cher que s’il avait été identifié dès la phase de design ».

D’ailleurs, l’accessibilité n’est pas une formalité qu’on peut effectuer une seule fois et oublier. À chaque fois qu’on fait des ajouts ou des modifications au site, que ce soit au niveau du design ou du contenu, des problèmes d’accessibilité peuvent s’immiscer. De plus, les normes en termes d’accessibilité sont en constante évolution et de nouvelles bonnes pratiques émergent au fil du temps. L’accessibilité est un processus continu dans lequel on apporte des améliorations graduelles.

En conclusion, il faut arrêter de voir l’accessibilité web comme un compromis poche, puisque c’est plutôt un standard de qualité. Considérer l’accessibilité comme un fardeau, c’est passer à côté de son véritable impact : une meilleure expérience, une portée élargie et une plateforme plus durable. Intégrée de manière proactive, elle devient simple, efficace et un incontournable dans tout projet web.

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